Droit à la prise en copropriété : comment faire valoir votre procédure ?

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Le 04 février 2026
Droit à la prise en copropriété : comment faire valoir votre procédure ?
Guide complet du droit à la prise en copropriété : procédure, délais, recours. Installez votre borne malgré l'opposition

Saviez-vous que seulement 3,11% des immeubles collectifs français sont équipés d'infrastructures de recharge pour véhicules électriques ? Si vous habitez en copropriété et souhaitez installer votre borne de recharge, vous vous heurtez probablement à des démarches administratives complexes et des coûts élevés pouvant atteindre 5000€. Pourtant, la loi vous donne un droit incontournable : celui d'installer votre propre point de charge. JZ Énergies, spécialiste certifié IRVE basé à Pennes-Mirabeau, vous guide pas à pas dans cette procédure pour faire valoir vos droits et accélérer votre projet.

  • Respectez impérativement le délai de 3 mois après notification au syndic avant de démarrer les travaux, même en cas de silence (une entorse à cette règle peut vous coûter la remise en état des lieux et des dommages-intérêts)
  • Exigez la certification IRVE niveau 2 de votre installateur pour les bornes communicantes en copropriété (la Cour de cassation a confirmé en février 2025 que son absence justifie le refus du syndic)
  • Vérifiez que votre installation respecte la norme NF C 15-100 avec son amendement A5 de juin 2015 (défaut qui constitue un motif légitime d'opposition du syndic)
  • Prévoyez l'attestation Consuel obligatoire en immeuble collectif, même pour une borne de puissance inférieure à 36 kW (contrairement aux installations individuelles)

Comprendre votre droit à la prise : un cadre légal protecteur

Le décret n°2011-873 du 25 juillet 2011 a instauré le droit à la prise en copropriété, donnant à chaque résident la possibilité d'installer une borne de recharge dans son parking. Ce droit a été considérablement élargi par le décret n°2020-1720 du 24 décembre 2020, qui l'étend désormais à tous les types de parkings, y compris les parkings ouverts.

Concrètement, ce droit vous permet d'installer une borne d'une puissance maximale de 22 kW à vos frais, sans avoir besoin de l'autorisation de l'assemblée générale. Le syndic ne peut s'opposer à votre demande que dans trois cas précis : si les travaux mettent en danger la copropriété, si un projet d'infrastructure collective est déjà en cours, ou si une solution collective existe déjà. Toutefois, sachez que si les travaux d'adaptation électrique en amont du tableau général excèdent le coût des travaux en aval, le syndic peut légalement limiter le nombre de points de charge dans l'immeuble.

Il est essentiel de comprendre que ce droit est pratiquement incontournable. Le silence du syndic au-delà du délai légal de 3 mois vaut acceptation tacite. Cependant, vous devrez assumer l'intégralité des coûts, généralement compris entre 1000€ et 5000€ selon la configuration de votre parking et la distance jusqu'au tableau électrique.

À noter : Depuis le 11 mars 2021, tout immeuble neuf à usage d'habitation dont le permis de construire a été déposé après cette date doit être conçu avec une infrastructure adaptée pour faciliter la pose future de bornes de recharge. Si votre immeuble est récent, vérifiez cette prédisposition qui pourrait considérablement réduire vos coûts d'installation.

Procédure complète étape par étape pour faire valoir votre droit

Préparation minutieuse du dossier technique

La première étape consiste à constituer un dossier technique solide. Commencez par obtenir au moins deux devis d'électriciens certifiés IRVE. Cette certification est cruciale : selon un arrêt récent de la Cour de cassation du 27 février 2025, l'absence de certification IRVE constitue un motif légitime d'opposition du syndic. Plus précisément, la certification IRVE niveau 2 est recommandée pour les installations communicantes et compatibles avec les contraintes collectives (le niveau 3 étant réservé aux bornes rapides de plus de 22 kW).

Votre dossier doit contenir plusieurs documents obligatoires : un descriptif détaillé des travaux envisagés, un schéma de raccordement électrique précisant le trajet des câbles depuis votre emplacement jusqu'au tableau général, et un plan technique d'intervention garantissant le respect de la norme NF C 15-100 avec son amendement A5 de juin 2015 pour les installations électriques basse tension. Par exemple, si votre place de parking se trouve au niveau -2 et que le tableau électrique est au rez-de-chaussée, le schéma devra indiquer précisément le cheminement des câbles dans les parties communes.

N'oubliez pas de souscrire une assurance spécifique avant le début des travaux. Cette assurance couvrira les éventuels dommages causés aux parties communes pendant l'installation. Vérifiez également que votre installateur dispose bien de la certification IRVE niveau 2, recommandée pour les installations communicantes en copropriété, et qu'il pourra fournir l'attestation Consuel obligatoire en immeuble collectif (même pour les installations de puissance inférieure à 36 kW).

Exemple concret : Madame Dupont, résidente d'une copropriété de 120 lots à Marseille, a préparé son dossier avec un électricien certifié IRVE niveau 2. Son parking étant situé à 45 mètres du tableau électrique principal, le devis incluait 50 mètres de câble en chemin de câbles apparent, une protection différentielle 30mA et un disjoncteur dédié. L'installation respectant la norme NF C 15-100, incluant une attestation Consuel et une assurance dommages-ouvrage de 150€, le coût total s'élevait à 2 850€ TTC. Son dossier technique complet comportait 12 pages avec plans côtés et schémas de raccordement, ce qui a facilité l'acceptation tacite du syndic.

Notification officielle au syndic : la procédure à respecter

Une fois votre dossier complet, vous devez notifier officiellement votre projet au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette lettre doit impérativement mentionner que vous exercez votre "droit à la prise" conformément à la réglementation en vigueur. Joignez l'ensemble des documents techniques et les devis des électriciens agréés. Depuis le 9 avril 2024, sachez que les convocations d'AG, procès-verbaux et mises en demeure peuvent être envoyées par voie électronique pour accélérer les procédures, sauf si vous avez expressément demandé à recevoir ces documents par courrier.

Si vous êtes locataire, la procédure comporte une étape supplémentaire. Vous devez d'abord notifier votre propriétaire bailleur par lettre recommandée, en envoyant une copie au syndic. Le propriétaire dispose ensuite d'un mois pour transmettre officiellement votre demande au syndic.

Dans votre courrier, demandez explicitement l'inscription de votre projet à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Cette inscription est purement informative et ne donnera pas lieu à un vote, mais elle permet d'informer l'ensemble des copropriétaires de votre démarche.

Respect impératif des délais légaux

Le respect des délais est fondamental pour éviter tout litige. À partir de la réception de votre notification, le syndic dispose de 3 mois maximum pour s'opposer à votre projet. Ce délai est incompressible et ne peut être ni interrompu ni suspendu.

Même si le syndic ne vous répond pas, vous devez attendre l'expiration complète de ce délai avant de commencer les travaux. Le silence du syndic au-delà de ces 3 mois équivaut à une acceptation tacite de votre projet. Prévoyez même d'attendre 15 jours supplémentaires par sécurité, car le syndic peut saisir le tribunal judiciaire et doit vous en informer dans ce délai.

Dans les deux mois précédant le début des travaux, vous devrez conclure une convention obligatoire avec le syndic. Cette convention, prévue par l'article L. 113-17 du code de la construction, détermine les conditions d'accès aux parties communes, les modalités d'intervention et d'entretien de votre installation. Si vous optez pour une solution avec un opérateur, cette convention doit stipuler la gratuité pour le syndicat des copropriétaires de l'ensemble des prestations d'installation et d'évolution pour toute la durée de la convention.

Gérer les oppositions et faire valoir vos recours

Si le syndic s'oppose à votre projet, il doit invoquer l'un des trois motifs légitimes prévus par la loi. Le premier motif concerne la mise en danger de la copropriété : par exemple, si l'installation électrique de l'immeuble est vétuste et ne peut supporter la charge supplémentaire, ou si votre installation ne respecte pas la norme NF C 15-100 avec son amendement A5. Le deuxième motif est l'existence d'un projet d'infrastructure collective en cours, qui doit alors être réalisé dans les 6 mois (plus précisément, les travaux doivent être engagés au plus tard 3 mois après la saisine du tribunal judiciaire et achevés dans un délai de 6 mois). Le troisième motif est la présence d'une solution collective déjà opérationnelle.

En cas d'opposition que vous jugez injustifiée, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire. Le syndic a alors l'obligation de vous informer de cette saisine dans un délai de 15 jours. Les juges examineront la légitimité de l'opposition et peuvent condamner le syndic à des dommages et intérêts si le refus est jugé abusif.

  • Opposition pour danger : le syndic doit fournir une expertise technique prouvant le risque
  • Opposition pour projet collectif : les travaux doivent être engagés sous 3 mois et achevés sous 6 mois
  • Opposition pour solution existante : vous devez pouvoir vous raccorder dans des conditions équivalentes

Attention, si vous démarrez les travaux avant l'expiration des délais légaux, le tribunal peut ordonner la remise en état des lieux à vos frais, en plus de possibles dommages et intérêts. La patience est donc de mise pour éviter des complications juridiques et financières.

Conseil pratique : Si votre copropriété envisage une infrastructure collective, sachez que le raccordement à cette solution prend entre 4 et 8 semaines en moyenne à partir de la demande auprès d'Enedis. Cette information peut vous aider à planifier votre transition vers le véhicule électrique et à décider s'il vaut mieux attendre la solution collective ou procéder à une installation individuelle.

Conseils pratiques pour optimiser et accélérer votre démarche

Avant d'engager une démarche individuelle, renseignez-vous auprès du syndic sur l'existence éventuelle de projets collectifs. Si votre copropriété envisage une infrastructure collective avec un opérateur comme Enedis, il peut être plus avantageux d'attendre quelques mois plutôt que d'investir dans une solution individuelle. Notez que depuis le 1er janvier 2025, les bâtiments de plus de 250 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros ou un bilan supérieur à 43 millions d'euros ont l'obligation d'installer au moins 1 point de recharge pour 20 places de stationnement.

Pour optimiser le coût de votre installation, plusieurs aides financières sont disponibles. La TVA réduite à 5,5% s'applique si vous faites appel au même professionnel pour la fourniture et la pose de la borne. Un crédit d'impôt de 500€ est accordé pour l'installation d'une borne connectée, et la prime Advenir peut atteindre 600€ HT par borne individuelle.

Le choix du professionnel est déterminant. Privilégiez un électricien local disposant de la certification IRVE niveau 2, capable de gérer les spécificités des installations en copropriété. Assurez-vous qu'il puisse fournir l'attestation Consuel, obligatoire en immeuble collectif quelle que soit la puissance de votre borne.

Enfin, anticipez les aspects pratiques : prévoyez l'emplacement exact de la borne sur votre place de parking, la longueur de câble nécessaire pour atteindre votre véhicule, et les éventuelles protections contre les chocs. Une installation bien pensée vous évitera des modifications coûteuses par la suite.

La transition vers la mobilité électrique ne doit pas être freinée par la complexité administrative. Chez JZ Énergies, nous accompagnons les copropriétaires de Pennes-Mirabeau et des environs dans toutes les étapes de leur projet d'installation de borne de recharge. Certifiés IRVE, nous gérons l'ensemble du processus : de la constitution du dossier technique à l'obtention de l'attestation Consuel, en passant par les démarches administratives avec votre syndic. Notre expertise locale et notre approche clé en main vous garantissent une installation conforme et optimisée, tout en maximisant les aides financières disponibles. Contactez-nous pour transformer votre droit à la prise en réalité.